Reflex, hybride, que choisir ?

Cet article a pour origine différentes discussions avec des amis concernant les reflex et les hybrides. Nous avons beaucoup échangé sur nos expériences respectives. Faut-il abandonner le reflex pour un hybride ? Ou bien rester dans la gamme reflex ? Ou plutôt l’inverse, je possède un hybride, mais je me demande si ce serait mieux de passer à un reflex ? Tant de questions.

Il y a un an, j’ai vendu mon Nikon D3200 pour un Fujifilm X-T3, je suis donc passé du reflex à un hybride. J’ai longtemps réfléchi avant de passer le cap, car il fallait changer toutes mes optiques qui n’étaient plus compatibles avec le nouveau boitier, ce qui voulait dire des dépenses en plus pour acquérir des nouveaux objectifs.

Fujifilm X-T3

Pourquoi ce changement ? Tout simplement car j’arrivais aux limites techniques du D3200, j’avais besoin d’un appareil qui m’offrait plus de qualité, plus de possibilités de monter en ISO, plus de praticité, qui soit plus « Pro ».

J’avais plusieurs choix pour remplacer mon ancien appareil :

  • Je restais sur un reflex APS-C et passais au D500 : L’avantage était que je gardais mes objectifs, j’avais juste à changer le boitier. Mais le gros inconvénient était le poids. Avez-vous déjà soupesé ces gros reflex ? Ils sont très lourds, assez volumineux et je ne me voyais pas du tout porter un boitier pareil lors de longues randonnées ou lors de voyages en sac-à-dos. Je revenais de La Réunion où nous avons beaucoup marché et le voyage en Jordanie en sac-à-dos m’attendait. Nous le savons tous, chaque gramme compte dans ce cas.
    J’ai donc très vite abandonné l’idée.
Nikon D500

  • J’ai pensé au sacro-saint Alpha7RIII de Sony, un excellent appareil photo, ce qui se faisait peut-être le mieux pendant cette période de recherche. Il s’agit d’un hybride plein format, la qualité ne se discute même pas, tout le monde était d’accord pour dire que c’était le meilleur.
    Mais il présentait un problème pour moi, en dehors du prix, du fait que c’est un plein format, les objectifs étaient gros et volumineux, surtout quand on voit le 24-70mm f/2.8 que je présageais d’acheter avec le Sony ; ce n’est pas discret en photos de rue . Nous retombons également sur le même problème, le poids.
Sony α7RIII
  • Puis un jour, je suis tombé sur une vidéo de Dimitri Lazardeux, un photographe professionnel qui s’est séparé de son reflex Canon 1DX MarkII pour un Fujifilm X-T3.
    Et là, c’était le déclic, j’avais trouvé l’appareil photo parfait pour moi. Le boitier est compact, du fait qu’il s’agisse d’un APS-C, c’est à dire un capteur plus petit que le plein format, les objectifs sont moins volumineux et donc plus facilement transportables lors de longs voyages. Ses points forts ne s’arrêtent pas à cela, je vais vous détailler tout ça de façon plus complète.
Fujifilm X-T3

Fujifilm X-T3

Pour ma pratique au quotidien, j’ai trouvé en ce Fuji un appareil parfait qui me suit partout, il est toujours dans mon sac-à-dos, même si je ne suis pas en voyage. Ce qui m’a plu chez lui est déjà son look rétro et compact, il a gardé les traits des anciens reflex comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous où je le compare à mon argentique Minolta X-300.

Fuji X-T3 et Minolta X-300

Comme nous pouvons le voir sur la photo ci-dessous, avec l’hybride, on se rapproche du gabarit des boitiers argentiques et ce n’est que du positif.

Fuji X-T3 et Minolta X-300

Le principal avantage reste les molettes en haut de l’appareil, on peut changer la vitesse, les ISO, les modes de prises de vues et la mesure d’exposition en quelques tours de molettes. L’ouverture du diaphragme se fait directement sur l’objectif. Tout peut se faire grâce à ces molettes, en pratique, je n’utilise presque jamais l’écran pour les réglages, ce qui en fait un grand gain de temps.

Avec ce Fuji, il faut oublier les traditionnels modes A, P ou M, tout est débrayable d’une simple rotation de molette.

Tout est accessible d’un simple tour de molette

A ce jour, je ne regrette pas du tout mon choix et il est impossible de revenir à mon ancien Nikon.

Je ne vais pas m’attarder sur la description du X-T3, il existe beaucoup d’articles qui en parle plus en détail et de façon plus technique, à l’exemple de celui-ci.

Concernant les objectifs que j’utilise, je me satisfais que de deux objectifs : le 16-55mm f/2.8 et le 10-24mm f/4 (équivalent 24-84mm et 15-36mm en plein format). Avec ces deux optiques, je peux rester polyvalent lors des voyages que cela soit pour le paysage que pour les portraits.

Fuji XF 16-55mm f/2.8 et 10-24mm f/4

Avantages et inconvénients

Le premier avantage que je citerai, c’est la qualité irréprochable de son capteur, les images sont nettes, il n’y a rien à redire. Les images issues du boitier, que ce soit en RAW ou en JPEG sont dignes des promesses du constructeur. Sa plage dynamique fait partie des meilleures du marché. Même les JPEG sont plus qu’exploitables en post-production. On peut même se permettre d’utiliser des simulations de film argentique pour avoir un profil de photo plus original telles que le Velvia ou le Classic Chrome et qui change des autres photos. Ceci permet d’ajouter un certain style aux photos.

I Pozzi (Corse, Octobre 2020)

Concernant la montée en ISO, on peut facilement aller jusqu’au 12 800 ISO sans soucis et même au-delà, un gros avantage pour les photos de nuit. On peut même s’amuser à faire des longues expositions jusqu’à 1h de pose.

Granit Rose (Bretagne, septembre 2020)

L’auto-focus est du même niveau que le boitier, il est très vif avec un suivi du sujet en mouvement et la reconnaissance du visage en temps réel. Quant aux rafales, il peut aller jusqu’à 11 images/s en obturateur mécanique et même 30 images/s en obturation électronique. La rapidité concerne aussi l’allumage, il n’y aucun temps de latence entre le moment où on allume l’appareil et la prise de la photo.

Nous l’avons vu précédemment, le plus gros avantage du X-T3 est sa compacité. Un hybride, par définition, n’a pas de miroir comme le reflex. Ce miroir sert à donner l’image au viseur à travers l’objectif. Sur un hybride, le viseur possède un petit écran (On l’appelle communément un viseur numérique), ce qui fait gagner beaucoup de poids et de volume.

Objectif 10-24mm APS-C Nikon (en bas) et l’équivalent Fuji (en haut)

Ce viseur numérique présent un autre avantage, ce que l’on voit dans le viseur est la photo réelle, nous pouvons avoir un aperçu en direct de la photo avant même de prendre la photo, cela aide énormément lors de la prise de vue et il y a moins de photos ratées, à condition bien-sûr qu’il soit de bonne qualité, ce qui est le cas sur le X-T3. Nous avons là encore un énorme gain de temps.

L’autre avantage que je ne savais pas avant de l’avoir dans les mains, est la possibilité de visualiser les photos directement dans le viseur. Une fois la prise de vue terminée, nous pouvons visualiser toutes les photos dans le viseur. Ce qui peut être très bénéfique en condition de forte luminosité, il n’y a pas de reflet et pas de lumière parasite contrairement à la visualisation des photos sur l’écran. Il m’est arrivé plusieurs fois avec le reflex de ne pas pouvoir bien visualiser mes photos sur l’écran arrière et de découvrir le soir que les photos que j’ai prise n’étaient pas comme je le voulais.

« Pour moi, photographier avec un viseur électronique a été une révélation. On apprend vraiment à apprécier le rendu « vous obtenez ce que vous voyez » en termes d’exposition et de profondeur de champ. Il y a assurément moins d’éléments à voir à l’arrière de l’appareil pour vérifier la mise au point et l’exposition. La prise de vue est vraiment plus rapide et vous pouvez rester vraiment concentré sur l’objet à photographier, sans aucune distraction. »

Richard Walch, photographe professionnel, propos recueilli par Adam Duckworth

Par contre l’inconvénient principal des hybrides reste la batterie. En effet, le fonctionnement d’un hybride repose une grande partie sur l’électronique et de ce fait, il consomme beaucoup d’énergie contrairement à un reflex. Le viseur optique du reflex lui fait gagner une certaine endurance. Là où une reflex peut faire 1200 vues à peu près, un hybride peut faire moitié moins, selon l’utilisation que vous en faites bien sûr et selon les conditions météo, le froid a tendance à diminuer rapidement la capacité des batteries. La bonne nouvelle, c’est que les hybrides de nouvelle génération s’améliorent sans cesse de ce côté là.

Personnellement, sur le XT-3, je possède trois batteries et j’arrive à tenir 2 jours avec une batterie en utilisation intensive, avant je ne possédais qu’une batterie qui pouvait tenir au moins une semaine d’utilisation.

L’absence de miroir dans un hybride apporte un autre problème, le capteur est directement exposé aux éléments extérieurs lorsque nous retirons l’objectif, il peut vite se salir. Ce fut la mésaventure que j’ai vécu une fois en Bretagne, j’ai voulu changer d’objectif sans prendre de précautions, je me suis retrouvé avec un capteur complètement sale à cause de la pluie. Canon a trouvé la solution avec ses EOS R, ils ferment automatiquement un obturateur pour protéger le capteur. Cela va se démocratiser sûrement et cela ne sera plus un problème.

Dans un futur proche, il ne se fera aucun doute que tous ces inconvénients ne seront qu’un lointain souvenir et c’est ce que les spécialistes remarquent actuellement. Autant le début des hybrides n’a pas été le meilleur, avec des lenteurs au démarrage et une autonomie très faible par exemple, autant ces derniers sont en train de rattraper tout leur retard pour dépasser les reflex.

Pourquoi un APS-C ?

Je ne vais pas me faire que des amis, mais pour moi, les pleins formats sont surestimés. Bien-sûr, ces hybrides tels que les Sony Alpha, Nikon Z ou bien Canon EOS R restent le haut de gamme de la photo actuellement, leurs qualités sont incontestées, mais nous ne devons pas oublier les APS-C, les marques comme Fujifilm méritent d’être connues. Pendant que les cadors de la photos se concentrent sur les pleins formats pour en faire leur fer de lance, Fuji met tout en œuvre pour améliorer leurs APS-C et en faire leur haut de gamme avec des objectifs tout métal et de très bonne qualité.

D’ailleurs, on peut facilement citer des photographes connus qui utilisent Fuji à l’exemple du photoreporter Fred Marie de Destination Reportage ou bien Jean-Michel Lenoir.

Choisir un APS-C, c’est aussi, comme je l’ai écrit plus haut, choisir une gamme d’objectifs légers et moins chers que les pleins formats. Le capteur étant plus petit, les objectifs le sont aussi, les prix vont dans ce sens là également.

Non, je ne dis pas qu’il ne faut jamais investir sur un plein format, mais si vous êtes un voyageur qui ne veut pas dépenser des sommes astronomiques et que vous souhaitez juste avoir un appareil photo de qualité, un hybride APS-C est votre plus grand allié. Vous économisez de l’argent que vous pouvez attribuer à vos prochains voyages ou bien des formations photos pour vous améliorer. C’est le choix que j’ai fait et cela me correspond personnellement.

Cet article est surtout destiné pour les personnes qui sont dans le même cas où j’étais il y a un an, c’est-à-dire celles et ceux qui arrivent à la limite de leur appareil photo et qui veulent investir dans du matériel de qualité sans se ruiner.

Surtout que le X-T3 ressort encore parmi les meilleurs malgré la sortie du X-T4, ce qui fait de lui un bon choix sur le marché de l’occasion. Le changement le plus important sur le X-T4 est l’apport d’un capteur stabilisé. Avec cet ajout, Fuji se place encore plus près des meilleurs du marché de la photo.

Fujifilm X-T4

Bien-sûr, je n’ai pas écrit ces lignes pour que vous achetiez absolument un X-T3, j’en parle car je l’ai en ma possession depuis plus d’un an et que j’en suis très satisfait. Il existe beaucoup d’autres hybrides de différents types disponibles sur le marché qui valent le coup d’être mis en avant, que cela soit APS-C, plein format ou micro 4/3, faites-vous votre propre avis en les essayant et en lisant les nombreux tests sur internet.
L’écriture de cet article m’est venue en remarquant à quel point les publicités et les influenceurs du moment mettent en avant les pleins formats, mais ce n’est pas parce-que l’on possède un plein format que nous allons faire d’aussi belles photos, il ne faut pas oublier les formations qui participent en grande partie à la création de ces fameuses photos.

Petra (Jordanie, Mars 2020)

2 commentaires sur “Reflex, hybride, que choisir ?

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  1. On peut aussi avoir les deux sans trop se ruiner. J’ai le D750 pour mes photos « pro » et familiale type portrait et pour les paysages sauf randonné et un micro 4/3 Olympus dans la poche pour tous mes déplacements.Merci pour ton article, c’est Fugi qui va être content…😂 mais je suis un peu jaloux car il est très bien.😉

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    1. Merci d’avoir compléter avec ton retour du D750. Si il n’est pas trop volumineux, il peut aussi convenir. J’ai juste axé l’article pour l’exemple type d’un voyageur qui a besoin d’un minimum de poids et d’un maximum de qualité, je trouve que c’est le combo parfait 🙂
      J’avoue que je ne suis pas du tout déçu du X-T3 😀

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